Programme pour le Togo

Contexte

La couverture géographique des établissements scolaires est très inégale et les enfants doivent parcourir de longues distances, notamment dans les Savanes, ce qui favorise les absences et les abandons scolaires. La répartition des maîtres est très mauvaise : 1 maître pour 100 élèves en CP1 et 1 pour 10 en CM2. 60% des élèves n'atteignent pas le CM1, la majorité ne sachant ni lire, ni écrire, ni compter après plusieurs années d'études. 2,2% accèdent au CEPD sans redoubler.Les programmes sont lourds et rigides, inappropriés en terme de contenu et les élèves qui sortent du cycle scolaire sont décalés par rapport a leur milieu et inaptes à agir.
Malgré une image négative de l'école (maîtres qui abusent des élèves et les chargent de corvées, surcharge de travail domestique pour les filles...), le manque de débouchés, les difficultés financières et le mauvais état sanitaire des enfants qui sont à 90 % polyparasités, les parents ont bien mesuré l'importance de l'école et sont donc très réceptifs aux projets scolaires.

La démarche AEA

L'importance de la place de la femme dans le développement a motivé Aide et Action à développer un volet scolarisation des filles. Poids des tradition et faiblesse des revenus restent les principaux freins à cette action menées en 1996 dans 84 villages. Pour lever les obstacles à cette initiatives, il est essentiel d'associer les populations à l'ensemble du projet. Ainsi, différents volets ont été mis en place et sont gérés par les communautés : éducation des parents, allègement des tâches des femmes et des filles, santé... L'école devient dès lors "l'école du village" et les parents d'élèves parviennent ainsi à s'organiser et à se responsabiliser.
QUALITE DE L'ENSEIGNEMENT OU LA SOLUTION DE LA PEDAGOGIE ACTIVE
Un autre axe prioritaire du programme est la qualité de l'enseignement. Ainsi, en 1995, Aide et Action a mis sur pieds, en partenariat avec le GREF (Groupement des Retraités Educateurs sans Frontière), le MOUVEN (MOUVement des Enseignants Novateurs) pour développer, avec les maîtres volontaires, des méthodes de pédagogie active.

Au Togo, la formation des maîtres au coeur de l'action
Après onze années d'intervention au Togo, Aide et Action travaille à la préparation de son désengagement dans plusieurs secteurs de la région de la Kara. Après l'autonomisation des projets santé ou les groupements maraîchers.
Parallèlement, au Nord du pays, le projet Ecoles communautaires s'étend dans la région des Savanes. Après une phase préparatoire consacrée à la recherche de l'appropriation par les communautés et au recrutement d'enseignants/éducateurs, dès la rentrée 97/98, le Centre de formation établi à Dapaong a formé, en alternance, les premiers groupes d'enseignants. Le Gref (groupement des retraités et éducateurs sans frontière) est particulièrement associé au volet pédagogique du projet dont l'un des objectifs majeurs est de faire de l'école un pôle de développement d'activités pédagogiques et pratiques.

Aide et Action Togo s'investit beaucoup, en partenariat avec le Ministère de l'Education Nationale Togolais et l'Unicef, dans une réflexion sur les systèmes d'évaluation de l'ensemble de l'enseignement primaire. Ces travaux se poursuivent avec la création d'une commission nationale chargée de préparer la réforme des systèmes d'évaluation de l'enseignement du premier degré.

Ali Assibi, Directrice d'école, Présidente du MOUVEN :

"En 1995, j'ai reçu une invitation d'Aide et Action pour participer à une formation sur la pédagogie active. J'ai beaucoup apprécié cette formation, je n'ai plus peur d'enseigner car la pédagogie active aide les enfants à comprendre. Avant, la classe était toute nue, maintenant elle se décore, elle est belle de tous les dessins, des textes, des lettres de correspondances. Même les collègues non novateurs se renseignent et s'informent."reportage(suite)